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À l’aube du troisième millénaire, la reliure est une activité qui se fait rare. Pourtant, grâce à des artisans comme Annie Robine, les livres traversent les siècles le cuir léger et témoignent avec force de la richesse de notre patrimoine.
La reliure, ce n’est pas une transformation... C’est une renaissance!”, s’exclame joyeusement Annie Robine.
Cette femme volubile opère depuis plus de vingt ans à Saint-Malo et à Rennes. Des centaines de livres sont passés entre ses mains expertes. Il faut démonter entièrement l’ouvrage, le recoudre page par page et créer le papier de garde et la
couverture. L’auteur, le sujet traité, la rareté et l’utilité du livre sont autant de critères pour choisir les matériaux et les couleurs qui l’habilleront.
Qu’il s’agisse d’un manuscrit original de Chateaubriand ou de numéros de
la revue Ar Men
, Annie Robine trouve toujours le traitement adapté. “La reliure est un art qui bouge tout le temps”, explique cette professionnelle. D’année en année, les techniques évoluent, les matériaux se diversifient, les styles changent Car au-delà de l’esthétisme, la reliure est avant tout la meilleure façon de prolonger la durée de vie des documents.
Les bibliothèques municipales le savent bien.“La reliure a aussi une valeur sentimentale”, souligne Annie Robine, qui cite aussi les rencontres régulières avec Le Petit Prince. L’oeuvre de Saint-Exupéry est devenue un cadeau de naissance
de plus en plus fréquent: “Pour chaque enfant, je réalise une reliure originale. Chaque exemplaire est unique”.
Mais la commande dont Annie Robine est la plus fière, c’est la reliure d’art qu’elle a créée pour le Cartulaire de Redon - un parchemin de l’époque de Charlemagne - offert au Pape Jean-Paul II par l’Archevêché de Rennes en juin dernier.
Karin Cherloneix (NOUS VOUS ILLE-1999) |