Les techniques classiques sont bien connues, l’atelier Tugdualles utilise régulièrement, il privilégie très souvent une méthode découverte par Henri Goetz en 1967 qui fait intervenir la matière, libère le geste et l’inventivité de l’artiste.Il s’agit pour lui d’étaler sur la plaque un mélange de carbure de silicium (carborandum) en grains plus ou moins fins avec une résine plastique. En sèchant la matière durcit et retient l’encre avec une grande variété de nuances et de structures. Cette méthode permet à la gravure d’acquérir plus de souplesse et de spontanéité dans son exécution et d’atteindre des dimensions importantes.
Ce qui caractérise le plus la gravure contemporaine est sa liberté. Toutes les matières, tous les outils, tous les supports se mettent au service de la création et font de l’estampe un lieu privilégié d’expression. Le mariage entre la technique et l’inspiration se fait sous la presse. Il faut que la partition soit parfaite afin que la musique soit juste. Devant cette difficulté, les artistes s’en remettent souvent à un professionnel dont le rôle est à la fois d’exécuter le travail demandé mais aussi de guider le créateur dans sa démarche en lui présentant toutes les diversités que l’estampe met à sa disposition. La main et l’œil de ce professionnel doivent se mettre à l’unisson avec le peintre afin que le résultat soit conforme à l’intention de départ.
A l’atelier, la création se prolonge par l’édition de livres d’artistes où l’éditeur, les poètes et les peintres se retrouvent pour un travail commun, en partenariat avec la Maison Internationale des Poètes et des Ecrivains de la Ville de St-Malo.C’est ainsi que Tugdual anime son atelier et les quelques soixante artistes qui lui font confiance. Là encore, dans un espace qui a dépassé les règles classiques de la mise en page, les poètes, les peintres et l’éditeur mettent en harmonie leur travail.J. Essirard
Le travail du relieur est aussi un acte de création et de partage puisqu’il faut accompagner les livres. Dans ce sens, Annie Robine s’inspire de l’ouvrage, puis son travail de recherche et de réflexion sur les matières et les couleurs la conduisent à des créations très personnelles. Son amour de l' écriture, du texte et de la lecture, associé à sa formation aux Beaux-Arts,conduit Annie Robine à utiliser les plats du livre comme supports de son expression artistique. Avec une totale liberté d' esprit, et un geste sûr, elle utilise des matériaux très variés et souvent inhabituels, et on est frappé par la diversité de sa palette : du dépouillement à le surcharge, de la peau nue, parfois estampée, à l' envahissement quasi baroque de l' espace des plats, elle sculpte la matière…
L'ardoise : voici un matériau pour le moins original en reliure. Enfin, ses toutes dernières recherches la conduisent vers un matériau inattendu : le métal . Comme le dit J. Essirard, directeur de la Maison de la poésie d'Angers : "Son univers est un univers de sculpteur. Mais il y a de la légèreté même si le métal oxydé et les ardoises pèsent lourds car elle sait équilibrer les masses par des espaces nus ou découpés, pour laisser pénétrer l' air, pour donner du souffle".Marie Akar
Elle partage son imagination fertile et sa sensibilité avec ses nombreux élèves, qu'elle soutient dans cette création,.